|
Le 20 janvier 2011, Mohamed Layas, le gestionnaire des fonds souverains Libyens, informe Gene Cretz, l’ambassadeur américain à Tripoli, que la Libye possède 30 milliards de dollars en liquidité aux États-Unis, une somme repartie dans plusieurs banques.
Pour le gestionnaire Libyen, l’explication d’un tel dévoilement est simple : rassurer les investisseurs yankees d’augmenter en toute sécurité leurs investissements en Libye puisque la Libye investit une belle part de ses fonds souverains aux États-Unis.
Informé de la présence de la manne sur le sol américain, Mr Gene Cretz câble son président sur la bonne opportunité. Les murmures dans les salons privés parviennent aux oreilles des Européens. Ces derniers scannent en douceur, illégalement il faut le dire, leurs banques pour estimer, eux aussi, qu’il se traine de l’argent Libyen dans leur cour, plus de 40 milliards de dollars liquides.
Devant l’argent facile à alpaguer, les Américains et Européens se convainquent qu’ils pourraient confisquer et utiliser ces colossaux fonds Libyens si leurs services de communication trouvent des bons mots pour expliquer l’accaparement.
Dans l’alignement des mouvements populaires de protestation en Tunisie et Égypte, les Occidentaux réussissent à ressusciter, en Libye, les résidus du roi Idriss 1er auxquels ils ont associé quelques mécontents et groupuscules terroristes, pour lancer le 15 février les premières hostilités contre Tripoli. Nous ne reviendrons pas ici sur la saga Nouri El Mesmari qui rendrait trop longue notre analyse.
L’incompréhension de Kadhafi et son remarquable pif
Les premières manifestations sont lancées. La Libye, collaboratrice de l’occident depuis 2003 dans la lutte contre le terrorisme et dont les apports en information sont très appréciées dans toutes les capitales occidentales, - au point de réhabiliter Mouammar Kadhafi sur les scènes internationales et de céder à ses moindres caprices - explique à ses partenaires qu’il ne s’agit pas de manifestants pacifiques mais des groupes armés parmi lesquels des terroristes fichés et connus. Mouammar Kadhafi va jusqu’à proposer aux Occidentaux de vérifier eux-mêmes la présence des éléments terroristes au sein des pseudo-manifestants pacifiques.
A la surprise des Libyens, les Occidentaux ne veulent rien savoir. Kadhafi ne comprend pas. Il soupçonne l’occident mais ne trouve pas, immédiatement, des explications cohérentes à ses soupçons. Vu que les affaires roulent et que des gros contrats sont donnés aux entreprises occidentales.
Le guide Libyen, n’étant pas né de la dernière pluie, demande à ses stratèges de réorganiser les placements de fonds souverains Libyens en Occident afin de limiter les dégats au cas où ... Même si c’est moins payant, en attendant de clarifier les choses.
Dès l’introduction des premières requêtes Libyennes dans les banques États-Uniennes pour réviser les placements, les Américains ont compris qu’ils ne peuvent pas attendre le murissement de la mutinerie contre Tripoli. Sinon, la moisson sera maigre ou nulle.
Le 28 février 2011, soit 5 semaines après les déclarations de Mohamed Layas à l’ambassadeur américain sur la fortune Libyenne placée aux États-Unis, sous les prétextes les plus divers et les plus fallacieux, contre le droit et les lois internationales, Barack Obama fait main basse sur la totalité de l’argent Libyen placé aux États-Unis. Trente milliards de dollars (30.000.00.000 $) en liquide sifflés ! Quelques jours après les américains, les Européens frappent eux aussi en bloquant 45 milliards d’euros.
Comme le veut le protocole, on ne dit pas qu’un roi est allé chier mais il est allé aux aisances. De même, en langage des services de communications occidentales, on nous dit que l’occident a gelé les fonds Libyens.
Le dépeçage de la proie a commencé en attendant le simple dégel administratif
Voyons comment la meute de prédateurs va dépecer la Libye sous nos yeux :
- Dès la première semaine de l’agression de la coalition occidentale, les États-Unis ont présenté une facture de 608 millions de dollars. Après 5 semaines, cette facture devrait grimper et osciller aujourd’hui entre 2 et 3 milliards de dollars.
- La Grande-Bretagne et l’Italie déclarent que le coût de leur participation à l’instauration de la zone d’exclusion aérienne sur la Libye est de 200 millions de dollars par mois. Ce montant ne tient pas compte du coût des opérations navales et des consorts.
- Le coût des opérations des porte-avions utilisés en Libye, selon les experts, oscille autour de 1.200.000 euros (un million deux cent mille) par jour et par porte-avions.
- Une heure de vol des avions de chasse est estimée entre 20000 et 40000 euros (avec carburant) suivant que c’est un F15, B2 spirit, Tornado, Rafale, etc. Combien d’heures ces appareils par jour les reconnaissances et les bombardements ?
- Le coût des missiles de croisière varient entre 1.000.000 et 1.500.000 euros l’unité, selon que c’est un Tomahawk, CALCM, SCALP, etc. Combien de centaines de missiles la coalition occidentale a-t-elle déversés sur les Libyens ? On ne le saura pas pour le moment, mais une vérité demeure : davantage on déverse des bombes pour tuer et détruire, davantage on gagne de l’argent. Seul le payeur voit ses fonds souverains fondre comme neige au soleil et reçoit les bombes sur la tête : c'est le peuple Libyen.
- Dans les consorts, nous avons de nombreux autres services : les livraisons non officielles d’armes aux insurgés au sol et les coûts de ces armes, l’assistance technique et stratégique aux insurgés, les services de communication et tous les maillons des filous ayant participé l’agression contre la Libye.
Lecteurs et lectrices, appréciez vous-même la générosité des nouveaux défenseurs du peuple Libyen. Enfin de compte, après des simples mots mis dans nos bouches et à nos oreilles, c’est le peuple Libyen qui paie les factures de l’agression qu’il subit et reçoit en récompense d des bombes déversées sur la Libye. Nous nous demandons à qui le tour après la Cote d’Ivoire et la Libye et surtout qui paiera encore une fois pour les agresseurs rusés et civilisés ?
Yemi Pierre Kemth, librafrique.com
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
 |