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Comme à tous les ans, en périodes de chaleur, la ville de N’Djamena se retrouve, une fois de plus, plongée dans le noir. Les délestages tournants auxquels on est habitués font place aux coupures impromptues et dorénavant permanentes, provoquant au passage l’interruption de la fourniture en eau potable. Et comme d’habitude, les raisons qui sont à l’origine de cette carence ne sont pas jamais élucidées. On parle tantôt d’actes de sabotage des lignes électriques, tantôt de pénurie de gaz oïl, tantôt des réseaux de distribution vétustes, en déliquescence, tantôt de générateurs en panne, faute de maintenance.
Selon l’administrateur provisoire de la défunte STEE, des techniciens égyptiens sont attendus à N’Djamena, depuis la fin de semaine dernière, pour procéder à la réparation. Il n’existe pas de techniciens qualifiés au Tchad pour assurer la maintenance des générateurs acquis à coût de milliards de nos francs. Mais jusque-là tout N’Djamena continue à « suer » sous la chaleur de plomb. La maintenance de ces groupes électrogènes, d’ailleurs d’une capacité de couverture insuffisante, était assurée par des libyens, mais avec les troubles que connait le pays, ceux-ci ont regagné le bercail.
Paradoxalement pays producteur de pétrole, l’électricité, une des mamelles du développement, reste toujours une denrée rare au Tchad.
A quoi attribue t on ce exactement phénomène de délestage à perpétuité? S’agit-il d’une gestion plutôt opaque ou d’un manque de volonté notoire d’endiguer définitivement le phénomène de délestage, qui, d’aussi que me porte ma mémoire, perdure depuis des décennies? Les directeurs généraux se succèdent à la tête de cette société d’Etat ne manquent de promettre la fin du phénomène. Après plusieurs directeurs, encore rien n’a changé. Aujourd’hui, la ville est toujours dans l’obscurité totale, ce qui n’empêche pas la STEE de facturer le kilowatt/heure à 280 F CFA (soit 0,43 EUR), faisant du Tchad l’un des pays au monde où l’électricité est la plus chère. L’indifférence des pouvoirs publics étonne parfois. Aucune mesure, à court terme, n’est prise pour renforcer substantiellement la capacité de distribution en vue de satisfaire la demande croissante d'énergie. Silence noir !
Outre le désagrément des abonnés, ces coupures anarchiques pénalisent lourdement l'activité économique nationale et constitue un facteur inhibiteur réfractaire au développement. L’insécurité a également signé son retour en force. Les avenues nouvellement toilettées et qui faisaient l’exultation des N’Djaménois, deviennent les repères des bandits de tout acabit.
Les populations, lasses d’attendre que les mirages se muent en miracles, tentent désespérément toutes les solutions idoines. Pour ceux là qui ne peuvent pas se procurer des groupes électrogènes, c’est le règne de la débrouille: lampes à pétrole ou à pile, bougies ou téléphones chinois, etc.
Les effets néfastes des coupures sur le bien-être de la population sont incommensurables. Le cadre de vie à N’Djamena déjà hideux, devient encore plus exténuant. En cette période braise brûlante, il est presque impossible de se reposer sans électricité, de suivre une émission télévisée ou de finaliser ses taches professionnelles. La chaleur torride vous grille, vous ronge jusqu’aux os. Rien à faire. C’est l’enfer sur terre !
Les Tchadiens sont familiers avec ce phénomène. Ils ne s’en plaignent plus ou le font en cachette, par peur de représailles. On fait avec ! Disent certains. On est maudits ! Disent d’autres.
Non, ce n’est pas une malédiction. Le peuple Tchadien est tout simplement amorphe.
Correspondance spéciale
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