|
Le président Idriss Deby Itno est prêt pour les élections présidentielles au Tchad. Les séances de maquillage de la capitale Tchadienne et quelques villes choisies vont terminer incessamment sauf retard. Les chantiers inachevés se multiplient et sont surtout bien visibles par tous. Le message de Deby est simple : il travaille très fort et a besoin d’un autre mandat pour achever les projets en cours. Mais, sa fourberie ne parvient à masquer un mal, autant visible que ses mensonges à ciel ouvert, à savoir la prostitution.
La prostitution, reconnue par les instances de droits comme une forme d’esclavage et d’exploitation, a atteint une telle croissance sous la gouvernance d’Idriss Deby Itno qu’elle est devenue une véritable lèpre sociale au Tchad.
Le plus vieux métier du monde n’est plus un problème de pauvres, de faibles ou de personnes peu instruites. Aujourd’hui, la prostitution frappe dans toutes les couches sociales sans exception. Les riches et les teneurs du pouvoir se rendent, eux-mêmes, compte que le mal qu’ils ont sciemment ignoré dans leurs politiques les atteint dans leurs propres foyers.
De quelle manière me direz-vous?
De même que la prostitution croît exponentiellement, il se multiplie des parcs de gigolos se mettant au besoin des femmes riches et issues des hauts cercles. Cause : les époux de ces femmes n’en finissent pas d’enchainer la ronde des dizaines de maitresses, de prostituées et arrivent à la maison complètement épuisés. Leur gros ventre qu’ils transportent avec eux comme un fardeau ne leur confère qu’une position confortable pour dormir : sur le dos. Ce qui les pousse à ronfler comme un orgue, mettant à vif les nerfs de leurs épouses insatisfaites qui veillent juste à côté sur le lit. Conséquence : les femmes insatisfaites se voient obliger de se payer des gigolos pour les labourer et assouvir leurs besoins physiologiques.
Venez à Ndjamena et vous constaterez vous-même le phénomène et noterez que la demande est telle que les parcs de gigolos se multiplient au même rythme que les maisons de joies tenues par les prostituées.
Le mal de la prostitution que je décris ici, traduit en langage non-politicien pour les gens lucides que vous êtes, c’est la condition de la femme Tchadienne qui se détériore puisque celle-ci est obligée de faire des choix humainement dégradants pour être à peine au mieux. Ce constat souligné ici est une preuve d’absence ou d’une politique sérieuse de la femme !
Peut-être que certaines personnes tentées de me contredire citeraient les mensonges mis de l’avant comme:
- un ministère alibi tenu par une femme et supposé s’occuper de la condition féminine,
- la présence des femmes alibi au parlement, dans le gouvernement, etc.
- Des projets très publicisés destinés aux femmes, mais qui ne sont opérationnels dans les idées de certains esprits fourbes.
Le nombre croissant des maisons de joie tenues par les prostituées et des parcs de gigolos est un indicateur pertinent de la corruption morale qui s’est emparée de notre société.
Femmes riches ou femmes pauvres, femmes instruites ou analphabètes, femmes issues des hauts lieux ou femmes du bas de la pyramide, c’est toujours la Femme qui est abusée. C'est pourquoi nous invitons les politiques à réexaminer les facteurs qui entravent la femme et l’empêchent de s’accomplir dignement.
Combattre le mal de la prostitution ne signifie pas combattre la femme elle-même ou se mettre à harceler les prostituées par des rafles policières. Car, le problème de la femme ne vient d’elle-même. Elle est davantage victime qu’auteure de ses maux. Je continue à penser que dans la majorité des cas, les femmes qui tombent dans cet état d’avilissement en se laissant souiller le corps en échange d’un quelconque bien, agissent contre leurs vrais désirs. Elles agissent ainsi en raison des faux que les hommes leur offrent. Il faut donc combattre les abuseurs de la femme et les causes qui alimentent cet abus.
La prostitution a atteint aujourd’hui un niveau tel que nous avons l’obligation de poser ce problème et d’agir dès maintenant. Sinon demain, ce sera trop tard. Comme on entend dire, les hommes risquent de n’avoir dans leurs foyers que des prosti-tuées et eux-mêmes seront à temps plein des prosti-tueurs.
Agissons pour la femme Tchadienne car nous agissons pour une mère, sœur, fille et épouse. Finalement, c’est agir pour nous-mêmes.
Yemi Pierre Kemth
Ndjamena,
Jeune analyste en initiation auprès de Librafrique.com
 |