Voici les questions qui font débat parmi les conseillers d'Idriss Deby Itno et qui créent plusieurs écoles au sujet de la redéfinition prochaine du Soudan:
- Faut-il attendre que le mal déborde du Soudan, arrive au Tchad puis gérer les effets nocifs c’est-à-dire subir, comme d’habitude, les choix d’El Béchir ?
- Faut-il contenir le mal au loin en recommandant au chef de l’état Tchadien une explication définitive avec El Béchir et ainsi fermer la porte de l’Est ?
Les conseillers qui recommandent à Deby de s’expliquer avec l’homme soudanais recherché pour crime de guerre argumentent que leur position est réaliste, proactive et va régler, une fois pour toute, le problème de la rébellion Tchadienne.
Tous les conseillers reconnaissent unanimement que la porte de l’Est, qui s’ouvre généreusement à tous ceux qui ont soif du pouvoir au Tchad, est une ouverture à l’instabilité des institutions Tchadiennes et un risque permanent. Depuis 30 ans, tous les présidents Tchadiens sont arrivés par cette porte tenue par le Soudan et Deby lui-même en est une illustration.
Une majorité de conseillers soutient qu’Idriss Deby Itno, en s’expliquant avec El Béchir, enverrait un message clair à tous les voisins et à toute l’Afrique. De plus, un tel choix responsable et stratégique grandirait Idriss Deby Itno à l’échelle du continent parce que sa voix aura compté dans les plus hautes sphères du pouvoir d’un pays aussi grand que le soudan. Ce que Mouammar Kadhafi lui-même n’a pas réussi à faire. Le président Tchadien prendrait une dimension régionale et internationale tout en donnant assurance et stabilité aux institutions pour au moins les 10 prochaines années.
Aussi, les conseillers sont s’accordent que ce n’est pas un El Béchir en proie à plusieurs guerres sur plusieurs fronts qui devrait impressionner le chef de l’état Tchadien. C’est Deby qui doit imprimer le rythme de la danse et définir les limites et les règles du jeu.
Ces conseillers se demandent qui pourrait faire des reproches au président Tchadien s’il choisissait de laver l’affront, les agressions et les humiliations suprêmes subies quand El Béchir avait envoyé des groupes armés pour le forcer à se barricader à la présidence et se battre en plein cœur de Ndjamena ?
Enfin, les conseillers du président Tchadien disent tout bas que le sort de l’homme soudanais recherché dans le monde entier est scellé. Avec l’aspiration du sud Soudan, El Béchir perdrait inévitablement la moitié de son entreprise le Soudan. S’il cède aux aspirations sans se battre, ce ne sera quand même pas la fin de ses cauchemars. Le Darfour réclamera lui aussi sa totale autonomie en se convaincant que le sud Soudan l’a obtenu à coût presque nul.
En tout cas, même si la guerre ne vient pas de l’extérieur parce que la faiblesse aurait pris le dessus et fait céder sans protestation les portions réclamées du Soudan actuel, à l’intérieur de son camp, le président soudanais El Béchir ne saurait éviter le choc. Une balle, venant d’un ennemi ou d’un ami, porte le même et unique message que toutes les balles tirées d’une arme à feu portent : celui de la mort.
Quelle que soit l’origine de la guerre, elle sera faite et aura pour finalité la fin du règne d’El Béchir. Le président soudanais ne peut ni refuser ni échapper à la guerre. Ceux qui sauront à temps faire valoir leur voix et choix tireront les meilleurs bénéfices de l’inévitable épreuve.
Alors, nous posons ces deux questions : comment la redéfinition prochaine du Soudan va-t-elle affecter le Tchad? Quel coup historique Deby concocte, non pour le peuple Tchadien mais pour son pouvoir et sa renommée internationale ?
Yemi Pierre Kemth
Ndjamena,
Jeune analyste en initiation auprès de Librafrique.com
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