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Offensives de la diaspora, mieux vaut tard que jamais ! PDF Imprimer Envoyer
- « Depuis quand tu es là ? » ; - « Depuis deux semaines… ». C’est ainsi que, au détour d’une rue ou d’un couloir de bureau, vous avez la surprise de rencontrer devant vous les ténors de la diaspora tchadienne à N’Djaména. Certains sont là incognito, d’autres profitent davantage des médias pour donner du poids à leur présence au pays. On assiste à une vague subite de ‘désir de venir mettre les compétences au service de la patrie’ de la part de ces compatriotes qui l’ont quitté dans des circonstances diverses. Ceux qui sont partis il y a moins de dix ans peuvent encore se retrouver, mais ceux qui sont partis dans la période des années 70-80 auront du mal à se retrouver dans le Tchad d’aujourd’hui. Plusieurs raisons à cela :

-          Une nouvelle génération a émergé, qui n’a pas connu le spectre de 1979 et ses chimères et qui ne veut pas en faire son héritage : ces jeunes sont de plus en plus nombreux dans les effectifs des administrations et des affaires, voire majoritaires ;

-          Les Tchadiens de l’Etranger n’ont rien fait pour avoir une bonne réputation vis-à-vis de leurs compatriotes de l’intérieur ; ils sont souvent assimilés aux faiseurs de guerre et de malheurs, et leurs phraséologies ‘pseudo-révolutionnaires’ sur le Net le prouve. Quand ils parlent de ‘martyrs’, la population entend plutôt par ‘autres bourreaux’, tellement ils ont pris en otage ce peuple et l’ont figé dans une logique interminable de querelles pour le pouvoir personnel et clanique à main armée ;

-          Par exemple, les membres les plus radicaux de la diaspora opposée au régime en place se compteraient parmi ceux qui ont quitté le pays dans les années 70-80 : malgré l’évolution des moyens de communication, ceux-là paraissent très en déphasage avec le Tchad actuel, ce qui justifie que leurs raisonnements sont restés figés avec le même vocabulaire ‘guntiste’ et qu’ils n’ont jusqu’ici proposé aucun vrai schéma de sortie de crise ni de projet de société, sinon la persistance de la revanche à main armée. Certains sont même restés très ‘tribalistes’ et continuent à croire en une prétendue suprématie de leur tribu sur les autres tchadiens par les armes, on le perçoit à leur manière de réagir avec arrogance et mépris dans un charabia étonnant à un propos tenu par un tchadien ‘harratine’ par exemple, cette classification idiote et désuète qu’ils ont créé et à laquelle ils s’accrochent comme à une bouée dégonflée, la preuve qu’ils n’auraient même pas pu évoluer un peu malgré leur long exil !

-          Dans les années 90, quand nous organisions des rencontres de sensibilisation en Europe avec la diaspora tchadienne, il nous était déjà apparu ces contradictions de niveaux d’information et de perception des réalités nationales parmi nos interlocuteurs. Depuis lors, certain ont fait l’effort de faire un tour de mise à niveau au pays et se sont ravisés, mais dans l’ensemble, il y a le sentiment majoritaire au sein de la diaspora de regarder le pays avec des yeux d’étrangers, parce qu’on a provisoirement trouvé son blé. Alors quand vient le moment où il faut envisager de rentrer ‘au bercail’, les réalités ignorées par égoïsme ou par démission s’érigent en facteur de blocage, mais qui doit débloquer la situation ? En s’étant habitués à fuir devant leurs responsabilités, les Tchadiens de la diaspora les retrouvent multipliées par mille, maintenant qu’il devient primordial de rentrer reconstruire son pays ;

-          L’expérience politique des ‘premiers ministres’ venus de la diaspora semble être des plus médiocres, selon l’homme de la rue, car ces personnalités, au départ présentées sous de bonnes augures, se seraient très vite montrés déconnectés des réalités tchadiennes et incapables d’y apporter des changements profonds ;

-          Le péché le plus mignon de la diaspora tchadienne serait le fait que, contrairement aux pays africains comme le Mali, l’Algérie, le Sénégal, la nôtre n’ait presque rien fait de concret au pays durant toute notre histoire récente : quand il y a recrudescence de guerres, c’est dans la diaspora qu’on entend le plus de slogans dignes de la radio des ‘mille collines’. On a rarement vu des délégations ou une mobilisation forte de la diaspora s’impliquer pour tenter de calmer les ardeurs des belligérants, au contraire celle-ci se réveille et s’agite comme des laves volcaniques pour attiser le feu, pendant que les familles vivent le calvaire sur le terrain entre les maîtres de la guerre ;

-          Aujourd’hui, chaque fois qu’un ‘chef de guerre’ (quelle triste distinction !) rentre au pays, seuls ses proches et la presse publique en font un évènement ; dans les familles, les gens se disent : « tant mieux, on aura moins de problèmes ! », ce qui est révélateur de la perception que le peuple a de ces gens-là. Que leurs partisans, imbus de formules propagandistes marxistes creux, viennent vérifier eux-mêmes ces assertions et trouvent les bons mots pour qualifier leurs agissements !

-          Pire, le peuple se dit tout de suite : «  combien doit-on avoir donné à celui-ci pour qu’il nous laisse tranquille ? », et aller en spéculations de quelques centaines de millions à des milliards de F CFA selon les critères subjectifs pratiqués pour les ralliements ; ce qui veut dire que le peuple a plutôt conscience qu’une machine de prise en otage, de pillage et de brimade du peuple fonctionne depuis trop longtemps autour des politico-militaires, depuis la guerre froide jusqu’au 21e siècle, les choses n’ont pas évolué sur ce plan au Tchad.

Les membres de la diaspora, qui viennent faire un tour au pays pour ‘proposer leurs compétences’, ignorent souvent que les règles ont évolué : il ne suffit plus d’avoir été une ‘grande gueule’ pour espérer entrer au gouvernement ou occuper un poste important, cela n’étant possible que pour ceux qui représentent déjà un ‘clan politico-tribal’ bien implanté, les autres ne sont que des ‘travailleurs immigrants’. Ceux qui viendraient tenter de s’installer à leurs comptes dans des initiatives privées, délocaliser leurs cabinets ou ateliers étrangers vers le pays d’origine, ou se présenter comme consultants auraient peut-être plus de chance d’être pris au sérieux.

Depuis une trentaine d’années, il y a une masse considérable de jeunes Tchadiens de toutes les régions qui sont allés faire des études à l’étranger, en Afrique, en Europe, en Asie, en Amérique du Nord, sans que l’Etat lui-même soit en mesure de les recenser et de les classifier. Certains ont choisi des filières pour lesquels, sauf œuvre pionnière, il n’y a aucune possibilité d’embauche locale à moyen terme. L’Administration publique est très malade et saturée de fainéants : les postes de responsabilité sont à durée très éphémères et sujets à des luttes âpres entre clans politiques et tribaux, avec marabouts lugubres en renfort.

Et puis, la diaspora devra prendre conscience des conséquences de nos longues nuits de guerres et désordres qui font que tout est concentré à N’Djaména : les immenses potentialités économiques de l’intérieur du pays ont été délaissés à cause de l’insécurité et de la mal- gouvernance. Or, c’est dans le pays profond et vierge que, comme les pionniers du Far-West américain, la diaspora devra faire preuve de patriotisme et de courage pour réhabiliter le pays, le rendre viable et moderne. Tout le monde ne peut pas trouver son compte dans la saturation de N’Djaména, une ville qui ne produit rien mais qui consomme tout, qui dépend pour une banane ou une orange ou un œuf de la petite bourgade camerounaise de Koussiri ?

Cette problématique là, il faut que la diaspora en tienne compte et commence à élaborer des stratégies visionnaires au sein de ses associations, pour mieux préparer ses membres au retour au pays. Sinon, nous craignons fort que beaucoup deviennent des apatrides, après avoir longtemps espérer qu’ils occuperont les meilleures places toutes faites une fois rentrés au pays. Si l’amour du Tchad avait été cultivé suffisamment au sein de nos diasporas, les choses ne se présenteraient pas ainsi et les défis seront plus abordables. Malheureusement, il y aura un prix à payer, collectif, pour que les fils et les filles de Toumaï le troglodyte rendent leur pays attrayant, d’abord pour eux-mêmes, ensuite pour les investisseurs. Pour cela, il faut mettre un terme aux références du Moyen Age dans la rhétorique politique, embrasser résolument les valeurs des droits humains sans dérogation et celles du travail et du progrès sans concession.

 

altEnoch DJONDANG

Commentaires (12)add
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Par Saboun , mars 30, 2010
Autant j'ai toujours apprecié les analyses de M. Djondang, autant j'étais surpis par son article sur la diapora malgré sa sincérité apparente me semble contreproductif. Il met en conflit les tchadiens de l'intérieur avec ceux de l'extérieur et c'est une approche trés dangereuse pour ce qui reste d'équilibre social au Tchad. Equilibre basé en grande partie sur la morale spirituelle. Je pense sincérement que dans cet article M. Djondang Enoch a derapé. Même si dans certains de ses aspects, son analyse reste interessante, cependant dans son contenu global, cet article n'apporte pas grand chose si non l'incitation à la division entre les différentes composantes d'un pays. Il faut reconnaitre que la diaspora tchadienne apporte pas mal des valeurs ajoutées au pays ne serait ce que par ses contributions intellectuelles.
M. Djondang rectifier le tire, on n'a vraiment pas besoin d'un intellectuel respecté comme toi de transformation paraille.
J'appelle par contre la diaspora tchadienne en Europe, en Afrique, en Asie, au Canada et dans le monde arabe à continuer d'apporter ses apports multiformes pour le Tchad.
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Par mab , mars 30, 2010
Enoch ta parfaitement raison sur tout les plans,a regarde les commentaires ce toujours eux qui reagissent,ils n'on rien ammener et ne vont jms rien ammener pour ce pays a part la desolation
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Par ngueta , mars 29, 2010
Je voudrais ecrire baratins au lieu de baratinages.
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Par ngueta , mars 29, 2010
Bien de nos interventions blament l'article d'Enoch de facon subjective,donc cela ne donne pas lieu a dire que l'artictle n'est pas important.Evoquer la jalousie pour raison a blamer toute une diaspora n'est, a mon avis,qu'une mesquinerie.Que faut-il dire des faits relatés dans l'article?Sont-ils des baratinages?Prouvons les alors;sinon admetons qu'Enoch ait raison et visons le mobile de l'artilce.
Enfin, je ne veux pas paraitre quelqu'un qui defend Enoch.
Amicalement.
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Par FLASH , mars 26, 2010
L'auteur de cet article a 99,99% tort, cachez un peu votre jalousie envers la diaopsora Tchadienne, ils peuvent rentrer quand et comme ils veulent et occuper des fonctions plus hautes ke vous ki etes au bercail.
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Par Chérif Hassan , mars 25, 2010
Décidement on aura tout appris de nos politiciens tchadiens! Comment Enoch peut-il tomber si bas!Oui, comme dirait quelqu'un, seuls les imbéciles ne changent pas. Enoch après avoir louvoyé le regime d'Idriss, il finit par en devenir un applaudisseur au point de se moquer d'Adoum Djimé et Soubiane rentrés pour mettre leur compétences au service du Tchad.
Demain, il ne lui restera que de prendre la calebasse de Kebzabo et se mettre au rond point de la fontaine pour mieux être vu.

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Par Patalet , mars 25, 2010
Enoch a raté une belle occasion de se taire. Ce n'est de cette manière que tu pourras être repêché par Idriss Deby.Je vois a travers ton article une terrible rancoeur que tu gardes contre la diaspora. Je suis persuadé que tu parles de ton neveu Roumba, president de la diaspora rentré au Tchad après avoir perdu son RMI pour chercher un boulot. Brutalement, tu deviens le defenseur de ton DG et te voila encore avec une autre betise.
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Par Ngaro!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! , mars 24, 2010
Énoch en classe de 1ère on avait au programme comme littérature africaine classique des livres étudiés dans tous les lycées, collèges et universités d'Afrique tel que:
-"DRAMOUSS" de Camara Laye
-"l'aventure ambiguë" de Cheikh Hamidou Kane
Seconde partie: À Paris, Samba Diallo vit très mal son isolement et son déchirement entre ses deux cultures. Il rencontre Lucienne, une communiste, et Pierre-Louis, un avocat antillais militant, avec lesquels il débat de la confrontation et du bien-fondé de l'interpénétration des cultures. À la demande de son père, il regagne l'Afrique. Il rencontre un homme, devenu fou après un séjour en Europe, qui lui propose de prendre la succession du maître Thierno, décédé. Mais Samba Diallo a abandonné la pratique religieuse. Le fou poignarde Samba et met ainsi fin à l'ambiguïté de son aventure.'

-"cahier d'un retour au pays natal" de Aimé Césaire
pour ne citer que ceux-là.
les grands des grands mais ne nous sert pas une sauce pareille, je t'en prie.
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Par Ngaro!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! , mars 24, 2010
Je vais certainement réagir à tes propos dès que j'aurais un peu de temps mais avant cela je t'invite à lire "l'enfant noir" de Camara Laye.
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Par PR , mars 24, 2010
Enoch est un homme aigri et pour raisons bizarres complexés. Un homme intelligent mais instable. Il est tombé bas cette fois-ci. il me deçoit
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Par Erudit , mars 24, 2010
Enoch ton analyse manque de pertinence cette fois ci. Quelle mouche t'a piquée pour te jeter dans une analyse aussi plate?
J'invite tous les Tchadiens de la diaspora à réagir sans passion ni injures à cet article.
Érudit.
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Par Ngaro!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! , mars 23, 2010
Titre: Offensive des va t'en Guerre de la Diaspora, mieux vaut tard que jamais !
Je me demande combien de temps tu as vécu à l'étrangér et où pour tenir des propos pareilles.Là l'ethnie ne compte plus et ce n'est pas une vie qui est faite pour n'importe qui.
Ngaro
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