Le Président Deby avec la complicité de ses Ministres et le cautionnement des Députés, s’insurge contre les citoyens vulnérables avec son virage écologique draconien. Tout plaidoyer envers de l’environnement n’est certes pas une mauvaise chose en soi, quand on observe les tristes conséquences irréversibles du réchauffement climatique sur les vies humaines. On comprend la préoccupation de Deby de vouloir se passer pour le bon élève des idéologues occidentaux. Cependant, priver les ménages du charbon de bois, principale source d’énergie de cuisson sans mesures alternatives, ressemble davantage à du show off politique bien plus qu’à une véritable prise de conscience environnementale. Et d’après moi, le gouvernement Tchadien s’est littéralement trompé de cible car les vrais prédateurs environnementaux ne sont les ménages Tchadiens. Ce sont davantage les multinationales, à qui, le même gouvernement à délivrer des permis scandaleusement complaisants d’exploitation de la richesse nationale. L’exemple le plus concret est celui du consortium pétrolier Exxon Mobil. Dans sa chasse cynique aux superprofits, ce groupe, dont l’arrogance irrite les défenseurs de la planète, a ravagé des forêts entières dans le sud du pays et continue de produire d’externalités négatives sur l’écosystème, sans mesures compensatoires conséquentes.
De nombreuses familles tchadiennes, déjà paupérisées à l’extrême, malgré les ressources pétrolières, se retrouvent aujourd’hui dans la misère la plus totale avec la cherté de la vie, en grande partie, à cause de la pénurie du charbon. Certains observateurs novistes attribuent à tort la crise existentielle des ménages tchadiens à la Récession actuelle qui elle, n’est rien d’autre qu’un ralentissement marqué du système économique et de la croissance économique d'un pays. Le gouvernement Tchadien, dans son immobilisme morbide et pour se soustraire de sa responsabilité, s’accroche et se cache derrière cette logique.
Si l’on demande au peuple Tchadien d’être environnementalement responsable, que dire de Munircat et l’Eufor, deux missions issues d’Organisations supposément exemplaires en matière de protection de l’environnement. Avec leurs millions de gros cylindrés qui, en plus détruire les infrastructures routières du pays, sont des véritables sources de propagation du gaz à effet de serre. Le cas de Munircat est particulièrement scandaleux. À en voir le nombre de voitures U.N qui inonde la ville de NDjamena, on a l’impression qu’il y a une voiture pour un employé. Aucun recoin n’est épargné.
Quant à l’Eufor, à part la bière qu’elle achète sur place, tout son stock (nourriture, savons, cigarettes, pâtes dentifrices, brosses à dent, pains, fromage) vient de l’Europe. Mais leurs déchets et leurs ordures ne repartent pourtant pas.
Aussi, venant du Président Deby, cette mesure ne manque de surprendre. Lui-même qui, il y a quelques mois, a débarrassé la ville de NDjamena de ses nombreux arbres centenaires, comment peut- il prétendre subitement se passer pour un écolo avéré?
Si l’on admet que toute activité économique est susceptible d’avoir des répercussions insoupçonnées sur l’environnement, que dire de BGT, Zain, Tigo, Novotel, Kempinski, Central, Carnivore, Satom, etc., toutes des enseignes étrangères sans aucun programme de Responsabilité Sociale et Environnementale dans leur plan d’affaires? Chaque année, ces barons du capitalisme sauvage et systématiquement destructrice rapatrient des millions issus de l’exploitation éhontée de nos ressources dans leurs pays d’origine, laissant aux Tchadiens leurs empreintes environnementales. L’argent, disent les économistes Français Dolaster et Maris « nourrit une guerre interminable qui menace la survie de la nature autant que celle de l'homme ».
D’après moi, le gouvernement Tchadien s’est trompé de la cible. Les familles démunies à qui il s’en prend actuellement ne sont pas des criminels environnementaux. Elles sont plutôt les oubliés de la mondialisation. Alors, cessez de couvrir votre hypocrisie d’une couche de vernis, car le problème du Tchad est plus profond que cela. Quand on fait face à une problématique sociale de cette envergure, le moment est mal choisi pour vouloir paraître (simplement) ‘bon’.
Sew de Séwé Delaville, librafrique.com
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