Ils sont presque tous irréformables ! PDF Imprimer Envoyer

Des décennies de domination brutale, de tourment sans relâche et d’humiliation ont provoqué des traumatismes ayant gravement affecté la  nature profonde de nombreux Tchadiens. Si globalement, les Tchadiens ne manifestent pas une mentalité arbitraire, ils sont serviles et soumis.

La minorité de Tchadiens qui impose actuellement la guerre aux restes a toujours gouté au pouvoir au plus haut sommet. Elle s’est éloignée des réalités quotidiennes du petit citoyen et affiche un sérieux déficit de certaines valeurs humaines fondamentales. La démarche politique de cette minorité relève des idéologies revendicatrices de pouvoir sans réel partage et de domination.

Pour ces individus, l’instabilité quasi-permanente contrôlée est un moyen de survie car, ils se disent que dans une réelle démocratie, leur indue position sociale sera remise en cause et qu’ils pourront répondre de leurs actes devant la loi. Évidemment, ils ont raison. Leurs passés en témoignent. S’ils n’ont déjà tué un humain, ils ont tous volé l’argent des contribuables Tchadiens.

En fin compte, l’instabilité chronique qui sévit au Tchad profite aux élites Tchadiennes, aux rebelles et à tous les opportunistes représentant des petits groupes mafieux émergents. Le peuple est le seul perdant. Ceux qui malmènent actuellement les Tchadiens ne peuvent ni se changer eux-mêmes ni rien en dehors d’eux. Ils sont presque tous irréformables!

Pourquoi le nord du Tchad s’agite en ce moment ?


Le Nord du Tchad a pris les armes contre Deby pour des raisons étrangères aux intérêts supérieurs de l’ensemble des Tchadiens. Sachant le président Tchadien malade, certaines personnes de son entourage ont voulu sécuriser leurs immenses richesses en planifiant l’après Deby. Ils ont initialement proposé un schéma de changement dans la continuité. C'est-à-dire que les dispositifs mafieux détenant illégalement et illégitimement la réalité du pouvoir politique et économique des Tchadiens doivent demeurer intacts, avec cette nuance : remplacer le malade Idriss Deby Itno.

A l’époque, le chef de l’état avait  accepté l’idée générale de cette intrigue de changement dans la continuité mais il voyait en son successeur son propre ombre : son fils ainé le défunt Brahim Deby. Une partie de l’entourage de Deby proteste ce choix du président car le fils désigné est issu d’une mère d’ethnie autre que zagawa. Raison : L’aile dure de l’entourage du président redoute que l’épicentre du pouvoir se déplace dans une région autre que le BET. 

Alors, à défaut de forcer le passage à son fils, Deby choisit de faire modifier la constitution pour se représenter lui-même indéfiniment. Quelques proches du président, ne souhaitant avoir à gérer une situation comme celle survenue au Togo où le président meurt subitement un bon matin, expriment leurs réticences au choix de Deby de se représenter indéfiniment.

Là, Idriss Deby Itno a l’impression qu’on lui montre la porte. La mésentente prend une ascension dangereuse. Elle induit une série d’événements qui ont couté la vie à de nombreuses personnes et qui ont «définitivement» brisé les liens entre les membres du clan présidentiel.

Plus loin, en dehors du cercle familial, d’autres individus se sont rebellés par opportunisme ou affairisme, misant sur les retombés financiers et les récompenses que procure l'«affairisme à mains armées ». Par exemple la bande à Mahamat Nour a obtenu des récompenses financières et des parures dépassant largement celles colonel  Aljinedi. 

Bref, la logique de  tous ceux qui se battent actuellement se forge sur la force, la violence, l’intimidation, la corruption, le mensonge, l’imposture ou simplement la terreur. Ils ont adopté une façon de se comporter qui génère la violence et répand l’instabilité. 

Et le sud dans tout ça ?


Idriss Deby a pacifié le Sud du Tchad. De plus, il a rendu irrationnel un grand nombre de ses habitants. Cette partie du Tchad, celle qui a subi une domination impitoyable des régimes politiques des trente dernières années, laquelle domination a induit un esprit servile et à une conscience malheureuse aux méridionaux, continue en silence de se mettre plus bas. Cette sujétion  est l’expression des déficiences et des lacunes engendrées par des décennies de répression et d’humiliation.

Voyez-vous, humilier un homme répétitivement ne le laisse pas intact. C’est ce qui explique le fait que nous assistons aujourd’hui à un surprenant spectacle de servilité et de soumission de jeunes sudistes. Le passé chargé d’oppression a castré l’Homme du Sud et a introduit des incohérences dans son psychisme.

D’où le silence lourd, irresponsable voire coupable face aux événements qui se déroulent sous nos yeux.  I
l doit être rompu.  

Joe Al Kongarena, librafrique.com

Commentaires (0)add
Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

busy