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Le Tchad est rouge de Sang ! PDF Imprimer Envoyer
L’échec de l’opposition armée voire sa fragilité chronique provient de sa structure très compartimentée en des ethnies avec lesquelles il est difficile de négocier. Chaque chef d’ethnie se croit plus apte à être président de la république que d’autres. Ce qui rend la formation de tout mouvement d’envergure nationale très ardue. La solution par les armes ne saurait mener les Tchadiens vers la paix. De nombreux facteurs donne à voir que les combattants armés ne possèdent pas les déterminants nécessaires pour porter le changement qu’ils promettent. 

 1. Un agrégat d’irresponsabilité criminelle

Le Tchad est rouge de sang à cause des hommes irresponsables voulant tout régler par la force des armes. Ils se vantent d’être des braves hommes parce qu’ils se disent prêt à mourir. Les adeptes Tchadiens de l’idéologie guerrière traitent d’autres Tchadiens qui refusent de s’entretuer d’êtres sans caractère, se plaisant dans la posture de groupes ethniques soumis à d’autres ou encore d’êtres des lâches servant le thé aux redoutables hommes guerriers qu’ils sont.

Quelle grandeur d’âmes y a-t-il d’être un va-t-en guerre ou d’être celui qui va amasser le plus haut tas de cadavres de l’histoire du Tchad ? Mon intelligence ne saisit pas encore l’utilité de marcher sur des milliers de corps d’innocents pour arracher un pouvoir qui ne servira pas le plus grand nombre. Y-a-t-il quelqu’un qui peut m’aider ?

Certaines personnes se croient courageuses quand elles sont dangereusement irréfléchies.  Je m’étonne encore de lire certains intellectuels qui dénigrent une partie de Tchadiens victimes de l’affairisme à main armée. Je crois qu'il y ait amalgame entre l’inclinaison mortifère de quelques individus embrumés par le hashish et formant groupes sectaires armés  et la nécessité consciente de sacrifice pour une cause supérieure.

Comment se fait-il que des décennies d'indicibles atrocités n'arrivent plus à tenir les consciences en éveil au Tchad ? Aujourd’hui, on voit certains bourreaux d’hier se ranger du coté des victimes pour prétendument réclamer le changement politique. Le jeu politique de position  par moment ne suffit plus pour convaincre les Tchadiens qui souhaitent majoritairement que cessent les récits de chair abimé. Et c'est la raison pour laquelle ils réfutent la solution aux différends politiques par les armes.

2. Manque d'un mouvement d'envergure nationale

 Il n'y a pas un mouvement cohérent de résistance au Tchad. Pour le moment, on ne trouve qu’une collection de « groupes identitaires armés » et fragmentés. Ces clans sont incapables de s'unir pour former un mouvement d'envergure nationale parce que leurs responsables n’ont pas connu ce qu’on appelle le devoir supérieur. L’effort de chaque seigneur de guerre Tchadien se limite à maintenir une existence séparée de sa bande. Chacun  assure ainsi sa future valeur marchande en cas de ralliement. Un groupe fort a plus de chance d'obtenir un grand ministère, une récompense financière plus avantageuse et une promotion future dans le gouvernement. Bref, il n’ya pas  de mouvement ou de résistance ayant une portée nationale.   

3. Manque de base populaire

 Les politico-militaires ont interprété, à tord, le manque de popularité de Deby Itno comme une adhésion des Tchadiens à leurs causes. Ils découvrent finalement et tardivement la vérité. Aussi, ils ne semblent pas être familiers aux recettes qui font qu’un peuple peut basculer dans la résistance ou soutenir une insurrection. La plupart des seigneurs de guerre ne sont connus que dans leurs tribus. Ailleurs, ils sont très vaguement connus voire simplement inconnus. C’est dire que ces combattants n’ont pas encore acquis la légitimation du peuple.  Par ailleurs, le décervelage des masses par les medias alignés a atteint une telle sommité que pour l’opinion publique générale,  le Darfour et l’Est du Tchad se confondent en un lieu où pullulent les janjawids, les bandits armés et autres criminels opportunistes. Personne ne sait exactement qui fait quoi dans cette partie du monde. Et Chaque jour, on entend un récit d’horreur de femmes violées, de tueries…Les Tchadiens sont indignés et fatigués.   

4. Le message des rebelles ne passent pas

Les politico-militaires se sont déjà trompés en réduisant le complexe problème politique tchadien à des considérations ethniques assez primaires. Leurs raisonnements se limitent souvent aux vocabulaires ethnistes. La rigueur du cloisonnement des groupes fait que la communication passe difficilement ou pas du tout. Le discours des rebelles est donc incompris. Quelques promoteurs de la solution par les armes, qui moussaient les politico-militaires en matière de communication sur internet, se sont  essoufflés, déçus du manque d’unité des rebelles et d’hommes intègres. Ces «cyber-résistants» Tchadiens ont tellement vociféré leur haine de Deby Itno qu’ils ont manqué d’expliquer la vision politique de leurs mouvements et de convaincre les Tchadiens.  L’intensité des rancunes qu’ils portent en eux a apeuré les Tchadiens. Ils se sont décrédibilisés en étant inutilement extrémistes dans leurs rhétoriques. Ils ont réalisé que le procédé littéraire qui consiste à pilonner systématiquement les régimes dictatoriaux, sans effort de trouver une balance dans l’appréciation des événements, a montré ses limites. Les Tchadiens n’ont jusque-là pas compris ce que marmonnent ces bandits armés se disant défenseurs du peuple.  

5. L’armée française verrouille la marche vers N'djamena

L’intervention planifiée à court terme de l’armée française au Tchad, sous l’identité des forces internationales au Darfour, limitera davantage le champ d’action des rebelles voire leurs potentiels offensifs. L'armée française a, cette fois, un argument qui vaut plus que celui de «tire de semonce». Les grottes d’extrême nord du Tchad ne sont propices que pour des actions limitées de type subversif. En dehors, le terrain est trop vaste et éloigné pour mener, jusqu’à Ndjamena, une opération militaire respectant les règles de l’art. Surtout avec des moyens matériels aussi limités que les véhicules de transport Toyota et quelques enfants drogués et armés de kalachnikov.

Bien que les rebelles gardent une considérable capacité de nuisance, ils ne démontrent pas être à la hauteur de ce qu’ils promettent. Les rebelles n’ont, pour le moment, pas les moyens pour chasser Deby et ne proposent aucune autre solution alternative que le feu des armes. Ils manquent de base populaire, élément essentielle lorsqu’on veut envisager la victoire d’une insurrection. Le message des mouvements armés ne passe pas auprès du peuple. Deby n'a pas des hommes crédibles pour mener la guerre qu'il souhaite et ne peut neutraliser les rebelles. En fin de compte, la solution par la guerre n’est qu’un mal qui ne règle aucun problème.

C'est finalement une boucle folle de violence qui fait perdre tout le monde. Les tchadiens sortiraient grandis s'ils s'abstenaient de se tirer dessus pour régler leurs différends politiques et dialoguaient.  

Joe Al Kongarena, librafrique.com

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