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| Tchad: Il faut dire halte à ces militaires |
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Nous dénombrons plus de 6 000 Tchadiens morts aux combats depuis les événements d’avril 2006 aux portes de Ndjamena. Et ce n’est pas fini. Les préparatifs militaires pour la reprise des hostilités à l’Est sont en cours et bien avancés pour un nouveau massacre. Les enfants continuent d’être enrôlés de force pour les batailles.
En distillant les rumeurs sur la reprise imminente de la guerre ou sur l’état de l’avancement des préparatifs aux hostilités, les protagonistes veulent préparer les opinions aux futurs combats. Il est malheureusement vrai qu’il y’aura probablement encore beaucoup de morts que chaque camp va s’empresser de justifier sans remords. Les stratèges sont déjà au boulot. Ce sont quelques personnes dites intellectuelles incarnant l’intelligence utile aux belligérants ou simplement un savoir-faire au service du crime. Services offerts par des intellos ou non, l'intelligence servile demeure une aptitude basse jusqu'à ce que surgisse ou ne surgisse jamais la conscience de son état de compromission.
Côté gouvernement Tchadien, c’est le refrain général des mercenaires envoyés par le Soudan. Côté rébellion, comme d’habitude, ils se limitent à vociférer leur haine de Deby Itno et à mystifier quelques naïfs qui s’ignorent en promettant un nouvel ordre véritablement démocratique au Tchad.
En vérité, le passé trouble de ceux qui font la guerre est bien connu des Tchadiens. Le bureau politique des mouvements armés et les origines des combattants sur le terrain démontrent déjà que la représentativité du peuple au niveau de la rébellion est bien partielle. Le vrai problème au Tchad est qu’une minorité voulant éviter toute alternance démocratique réelle et légitime, par les armes, impose un désordre organisé à une majorité souhaitant une véritable alternance politique respectant les principes démocratiques et républicains.
La guerre qui sévit actuellement au Tchad, à ne pas confondre avec celle du Darfour bien qu'il y ait des liens évidents, est le résultat des querelles à l’intérieur d’un même camp : le camp des Tchadiens qui veulent tout régler par la force des armes. Disons, le camp des esprits enfiévrés à la gâchette facile. Leur voix est celle des armes. Ces va-t-en-guerre, qui s’entretuent, sans état d’âmes en dehors de tout objectif politique sincère, incarnent en réalité soit le choix du pire soit le pire des choix. C’est dire qu’il n’ya pas d’issue politique avec de tels choix. Il faut dire halte ces militaires et seigneurs de guerre Tchadiens.
L’affairisme des hommes armés a extenué les Tchadiens qui ne veulent plus de changement dans la continuité. Les tueries actuelles sont injustifiables et moralement indéfendables. Il faut simplement redonner le pouvoir aux civils ! Oui, redonner le pouvoir à un civil. Bien que la grisaille actuelle de l’opposition civile, menée par hommes vieillissants et grippés par le temps, ne soit pas irréprochable. Qui dira à ces vieux que les Tchadiens ont besoin des idées nouvelles et de l’énergie de la jeunesse ?
Joe Al Kongarena, librafrique.com
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