Eufor : une machine de contrôle et d’aliénation des peuples de la sous-région de l’Afrique centrale PDF Imprimer Envoyer

 

L’EUFOR, porteur d’un masque de légalité et invoquant des arguments humanitaires et de stabilité pour la sous-région de l’Afrique centrale, est en réalité est une armée d’occupation. Les Tchadiens doivent ouvrir les yeux pour voir la menace qui les guette et surtout réaliser que le côté apparent des choses ne suffit plus. Le revers de la médaille n’est pas du tout celui attendu par tous.

La vérité est simplement effroyable : La présence militaire européenne au Tchad est motivée par le pétrole et l’intégration des pays de la sous-région dans le Nouvel Ordre Mondial. L’EUFOR est la représentation physique d’une force maléfique déployant ses tentacules sur le monde. 

Par la ruse, nous vaincrons…

Les stratégies mises à l’avant consistent à assurer  la protection et la longévité des dictatures menacées d’écroulement. Revigorés, ces régimes autoritaires ont carte blanche de multiplier les violations des droits et libertés, les arrestations arbitraires, les exécutions extrajudiciaires à un tel degré que personne ne soit plus capable de supporter et de penser clairement dans le chaos organisé. 

De telle sorte que les oppressés seront contraints de solliciter une ingérence internationale pour soulager leurs souffrances voire être gouvernés par la communauté internationale. Ainsi, les peuples oppressés et dominés se seront livrés, eux-mêmes, dans les bras du Nouvel Ordre Mondial.

Déjà, combien de Tchadiens, scandalisés par le régime honni de Deby, ont rêvé à un pouvoir exécutif Tchadien sous supervision internationale ? Je ne dis pas qu’il vaille mieux que Deby garde son pouvoir destructeur. Je suis, sans équivoque, pour une alternance politique au Tchad. Je ne fais ici qu’expliquer les mécanismes des forces de Deby, de ses amis francs-maçons et d’autres ordres occultes qui tirent les ficelles en arrière-plan.

Il ne faut pas tomber dans le piège de l’adversaire en validant naïvement les étiquettes de duperie du genre « forces humanitaires, force de sécurité et de stabilité, forces neutres d’interposition, etc.» Ces timbres visent à légitimer les actes d’occupation et préparer la mainmise d’une armée au service de l’Administration Mondiale. L’EUFOR est le symbole de la solidarité européenne dans les crimes contre les africains commis par  l’armée française et de la politique africaine de la France contre les peuples d’Afrique. 

Au plus fort de la crise ivoirienne,  les forces du monde de derrière ont tenté d’affaiblir les pouvoirs constitutionnels de Laurent Gbagbo en faveur de leurs agents regroupés au sein d’une équipe dite  Groupe de Travail International (GTI). La tentative de sujétion en douce n’a pas été concluante en raison de la légitimité de Gbagbo et de la mobilisation des masses populaires.

Au Tchad, tout semble indiquer que l’appropriation de ce pays sera un succès  facile : le soldat Deby est très impopulaire. Un abime le sépare du peuple. Les Tchadiens acclameraient quiconque ramollit la dure main de Deby  tenant l’épée. 

De plus, Deby a un passé très obscur que s’il ne collabore pas avec les agents du Nouvel Ordre Mondial, il se verrait rattraper par la justice et bonjour la prison.

En émasculant les gouvernements de chaque pays, le Nouvel Ordre Mondial aura cumulé toutes les puissances pour réaliser son plan d’un Super-gouvernement Universel. Ce Super-gouvernement sera présenté comme le défenseur des opprimés et le pourvoyeur des démunis. 

Idriss Deby a livré le Tchad dans des mains de monstres au service du mal.  

Le soutien inconditionnel de la France politique à certains acteurs régionaux et l’activité criminogène de l’armée tricolore sont des facteurs d’embrasement de l’Afrique centrale.

Évidemment, un risque de remous constitue un écran de fumée idéal pour justifier la présence des forces d’occupation au nom de l’humanitaire et de la stabilité. 

Dans toutes ces agitations, nous nous inquiétons pour une raison : nous redoutons l’arme fatale de l’armée française, déjà testée avec succès au Rwanda et dans les pays des Grands Lacs. Il s’agit de cette glorieuse manœuvre en deux temps qui consiste à s’interposer puis s’éclipser avant le massacre. 

Cette arme inspire vraiment de l’effroi en raison du discours esthétique des grands médias français qui masquent les effets exterminateurs des politiques en cours (une stratégie de communication qui vise à nier les tueries ou en diluer, à désinformer, manipuler,… à banaliser l’hécatombe sur le terrain)   

Il ya quelques semaines, alors que Ndjamena et ses habitants brûlaient sous les feux croisés de plus de 5000 hommes lourdement armés (forces gouvernementales et rebelles) en plein centre urbain, les grandes chaînes de télévisions françaises choisissent de faire la promotion des militaires tricolores stationnés au Tchad, en montrant aux téléspectateurs les mises en scène des jeunes soldats convoyant des ressortissants étrangers vers d’autres pays. 

C’est tout de l’information sur la dernière bataille de Ndjamena. Hormis quelques diversions soigneusement exécutées. Voilà le téléspectateur français bien informé de la mortelle guerre urbaine de février 2008 dans les rues de Ndjamena. 

En fait, c’est du déjà vu. Nous avons assisté à un verrouillage semblable d’information pendant les crimes contre l’humanité au Congo Brazzaville en 1997 qui ont décimé près de 10% de congolais. Sur la chaîne M6, le temps d’information sur le Congo Brazzaville est porté sur l’écotourisme dans le parc de Nkonkouati montrant d’attachants primates, préservés par la pétrolière française Elf, entrain de manger des bananes tandis que des milliers d’humains, tout juste à côté dans la foret, mourraient de faim, de morsure de serpent, de diarrhées... (Noir Silence, FX Vershave)

Nous nous demandons sur quoi se repose la grandeur de la France? En quoi les intérêts français seraient menacés si les régimes politiques, en Afrique, devenaient un peu moins criminels et légitimes? Soumis malgré nous, on n’est jamais assez soumis. Serviles contre notre gré, on nous demande de nous rabaisser encore plus bas. Nous continuons d’être marginalisés et caricaturés comme des moins que rien.

Les africains n’ont définitivement rien à perdre s’ils disaient merde. Dans le cas du Tchad, puisque nous sommes contraints au choix de nous battre, nous devons combattre sur deux fronts: les forces d’occupation  qui veulent nous contrôler  en soutenant nos oppresseurs et ceux qui nous privent déjà de notre liberté quotidienne.

Joe Al Kongarena, librafrique.com

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