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| Tchad: la guerre de février à Ndjamena étape par étape. |
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22/01/2008 : Le président Tchadien Idriss Deby Itno demande à son état-major de lui fournir un rapport objectif sur l’état de l’ensemble des forces loyales et le moral des troupes. Ayant participé personnellement aux derniers combats, sur la première ligne il faut le préciser, le président Tchadien avait noté des failles énormes au sein de son armée.
24/01/2008 : Deby reçoit un rapport qui confirme ce qu’il a déjà observé : la volonté n’y est pas.
25/01/2008: Sachant que son armée ne tiendrait pas seule face aux forces de frappe du Commandement Militaire Unifié(CMU) de la rébellion tchadienne, Deby ordonne aux rebelles soudanais du MJE et MLS de faire mouvement à l’intérieur du Tchad pour se positionner sur l’axe de haute tension Abeché/Ndjamena, le chemin probable des rebelles. Les rebelles soudanais se préparent donc à se relocaliser.
C’est ce jour et à partir de là que la trahison et une succession d’erreur de communication et de procédure vont engendrer les atrocités de la guerre de février 2008 dans les rues urbaines de la capitale Ndjamena. Nous avions déjà prévenus le danger d'une guerre opposant le CMU et l'armée de Deby à Ndjamena dans un autre article intitulé le sabre du Commandement Militaire Unifié. En fait, un agent double dans l’entourage proche de Deby informe les politico-militaires Tchadiens que le président a ordonné aux rebelles soudanais de se positionner au centre du pays, sur l’axe reliant la porte de l’Est à la capitale Ndjamena. 28/01/2008 : Les rebelles Tchadiens, regroupés sous un seul commandement militaire pénètrent par petit groupe d’une dizaine d’hommes hissés au dessus de véhicules motorisés de type pick-up, évitant les affrontements avec l’armée de Deby et se faufilent vers leur point de jonction avant de mettre cap sur Ndjamena. La capitale Tchadienne est maintenant dans la ligne de mire des politico-militaires qui se trouvent à 1heure de Ndjamena à vol d’oiseau. 29/01/2008 : L’armée française, fournisseur en renseignement du régime de Deby, signale au président Tchadien un mouvement de troupes motorisées se dirigeant vers le centre du Tchad. Deby confirme que c’est lui-même qui a ordonné la relocalisation des rebelles soudanais du MJE et MLS. En réalité, les rebelles soudanais se préparent à se relocaliser mais ils n’ont pas encore bougé de leur position à l’EST.
30/01/2008 : Un nouveau rapport de renseignement parvient à Deby disant brièvement que des troupes motorisées semblent se diriger vers Ndjamena.
Immédiatement, le président Tchadien appelle les chefs du MJE et MLS pour leur préciser leur nouvelle position qui n’est pas à la périphérie de Ndjamena. Réponse : « Oui monsieur le président. Nous avons réuni toutes les unités et seront prêts pour les nouvelles positions au plus tard dans les 48 heures. Nous comptons bouger en partie dès aujourd’hui…»
Deby n’en revient pas. Il réalise que les forces qui s’invitent à Ndjamena sont des forces hostiles. C’est la confusion et la panique dans les rangs de l’armée de Deby. Les rebelles Tchadiens sont déjà à 300km de la capitale. Il est trop tard. Sans combat, ils atteindraient Ndjamena en 3heures maximum. L’armée française est prise de vitesse et piégée par les erreurs de communication de Deby, lui-même.
Bref, il s’agit d’un problème classique de communication et de procédure de travail qui manquent cruellement à de nombreux pays africains dont le Tchad. Les rebelles arrivent aux portes de Ndjamena. Ils représentent plus de deux bataillons lourdement armés. Idriss Deby Itno lance une contre-offensive pour ralentir la marche sur Ndjamena et avoir le temps de s’organiser.
La ceinture de sécurité qu’il a tentée de placer à Massaguet se rompt. C’est la débandade. Deby se repli sur Ndjamena mais n’a plus le temps dont il a besoin pour se réorganiser. Les rebelles Tchadiens se sont fondus sur la capitale et c’est avec beaucoup de chance que Deby et ses éléments rentrent à la présidence le premier. Le chef de l’État Tchadien se barricade à la présidence avec ses derniers fidèles et mènent la résistance.
Les rebelles soudanais répondant à l’appel de Deby sont invités, cette fois-ci, à joindre Ndjamena. En peu de temps, ce sont plus de 5000 hommes, majoritairement drogués et lourdement armés qui vont s'entretuer en plein Ndjamena, la capitale du Tchad. Nous avions prevenu sur le site librafrique.com depuis le 14/01/2008 du danger du nouveau commandement militaire de la rébellion Tchadienne. Notre mise en garde n’a pas évité la guerre. Tout ça n’est pas encore fini car une ombre sombre est entrain de recouvrir lentement le Tchad!
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