Quel est le bénéfice des bandes armées au Tchad? Quelle commodité les politico-militaires, confus et divisés, apportent-ils au peuple Tchadien ? En quoi l’insurrection armée est-elle si indispensable ?
Les Tchadiens n’ont plus d’énergie que pour le mal. L’enfer fait ses prestiges dans ce pays de l’Afrique centrale en dépravant les consciences tant et si bien que les lignes de démarcation entre les notions du mal et du bien ne soient plus très nettes. Les faits sont là pour attester de la dégradation des valeurs morales et du rehaussement du niveau de violences guerrières. Dans ce tourbillon de désordre total, nombreux sont les Tchadiens qui se questionnent sérieusement sur le bénéfice des bandes armées au Tchad. Quelle plus-value les politico-militaires apportent-ils aux Tchadiens ? En quoi l’insurrection armée est-elle vraiment indispensable ?
À la déférence pour l’évidence, l’opposition politico-militaire est vide de sens, ruineuse et contre-révolutionnaire.
Depuis les premiers conflits fonciers majeurs, autour des années 60, jusqu’à la forme actuelle de l’insurrection armée, le mal Tchadien se manifeste sous des aspects réguliers: déraison de l'esprit, inconséquence politique, déprédation, corruption, rébellion sempiternelle de quelques minorités ethniques ayant manifestement une forte propension à régler les conflits par la force, etc. Ce sont toujours les mêmes errements, mêmes excès, mêmes déchéances, mêmes crimes.
Des bandes d’anarchistes issues d’une banale affaire d’impôts à Mangalmé jusqu’aux rebelles Tchadiens contemporains basés au Soudan, une constante se dégage : c’est presque la même lignée d’individus excentriques conservant la même logique de violence qui s’étend et tente de s’acclimater encore aujourd'hui.
Au sommet de cette sorte de basilique de folie meurtrière que cette lignée a pu construire, on trouve des chefs de guerre réclamant tout haut leurs tributs de mise à mort sous la forme d’une sédition dite politico-militaire, domaine où des opportunistes dégénérés déploient tous les délires de leur ivresse guerrière.
Ivres d’anarchie et méprisant la vie humaine, politico-militaires, affairistes, repris de justice, individus ayant perdu des privilèges indus, égarés,…, tous crient : changement de régime politique au Tchad ! En trébuchant évidemment sur des hauts tas de cadavres, victimes Tchadiennes de l’affairisme à main armée.
Puisqu’il s’agit de montrer que les agitations des bandes armées causent des dégâts retardataires, sont vaines et ruineuses, allons-y : Plusieurs faits ouvrent nos yeux aux splendeurs de l’évidence que l’opposition politico-militaire au Tchad est vaine et ruineuse :
- La signature morale des groupes armés Tchadiens offre toutes les marques distinctives de l’irresponsabilité criminelle doublée du clanisme et de l’anarchie. En effet, les leaders de la rébellion et le régime de Ndjamena, en toute insouciance ou prétextant certaines obligations, se disputent le droit d’envoyer au massacre les jeunes Tchadiens. Le 13 avril 2006, les dirigeants politico-militaires, les premiers à initier au Tchad ce jeu de la mort, ont embarqué à bord des véhicules motorisés des adolescents drogués qu’ils ont livrés à la mort à Ndjamena. Un geste d’une inconséquence condamnable. Mais, étonnement, cette entreprise funeste a plutôt convaincu les rebelles et leurs partisans de louer les bienfaits de leurs actions au point de récidiver au mois de février 2008. Là, nous dépassons largement les 2000 morts en bilan sans compter les orphelins, les veuves, les dégâts matériels, économiques et les impacts sur l’image du Tchad dans le monde. Le régime de Ndjamena, manquant de modèle, a lui aussi envoyé les soldats Tchadiens se faire massacrer à Khartoum et Omdurman (Mai 2008). Aujourd’hui, la grande majorité de Tchadiens déplore, dénonce et condamne les bévues criminelles et l’inconséquence de ces dirigeants qui, invoquant des soi-disant nécessités, s’accordent le droit de tuer ou faire d’autres Tchadiens.
- L’intention, à la source, des politico-militaires est-elle exclusivement déterminée par la volonté de réaliser un devoir? Évidemment non ! Si la conduite des rebelles est vraiment motivée par un devoir alors il s’agit d’un impératif subjectif et particulier qui se volatilise rapidement face aux promesses des postes ministériels et des promotions professionnelles. Voyez-vous, l’essentiel de la logique de la politique d’Idriss Deby Itno n’a presque jamais varié d’un iota alors que les rebelles continuent d’abandonner leurs principales revendications pour se rallier sans conditions au président Tchadien. Comment expliquez-vous ces revirements? Me direz-vous pour éviter le sang versé et ramener la paix ? Les actions lucratives des bandes armées Tchadiennes n’ont jamais été motivées par le devoir de restaurer un ordre juste au Tchad.
- L’opposition politico-militaire est inefficace et produit un rendement très médiocre : Hormis les pertes humaines, les dégâts matériels, le nombre croissant d’orphelins et de veuves qui pèsent lourds dans leurs bilans, les politico-militaires n’ont aucun résultat positif à présenter aux Tchadiens. Sauf, peut-être, un Idriss Deby Itno un peu incommodé par les incessants harcèlements. Et là encore, ce n’est pas le progrès ni le changement qu’attendent les Tchadiens. A l’inverse du résultat médiocre des rebelles Tchadiens, lequel bilan réclame l’arrêt immédiat de la guerre, l’accord du 13 août 2007 entre l’opposition civile démocratique et le gouvernement est une preuve d’efficacité de dialogue pacifique. Même si l’opposition civile a aussi ses canailles, elle est moins prohibitive en vies humaines, plus conséquente, utile et productive comparée à une insurrection armée dite politico-militaire qui ne répond que par d’absurdes défaites. Nous devons rechercher le dialogue en privilégiant la force des arguments et non les arguments de la force. De cette façon, nous pouvons élaborer un contrat de société qui garantit l’égalité et respecte la liberté de tous. Seul un tel contrat constitue un véritable refleurissement car il postule à réduire les œuvres des inégalités sociales.
- La guerre menée par l’opposition armée enrichit Deby et son alentour car elle justifie toutes les dépenses entreprises par le gouvernement Tchadien pour le compte de l’armée. Idriss Deby Itno a échappé à toutes les restrictions sur les revenus pétroliers auxquelles il était soumis grâce aux attaques futiles des politico-militaires. Il ne s’attendait pas à une telle manne qui allait le rendre si rapidement puissant et riche. En réalité, ce ne sont pas quelques raids, ne répondant à aucune logique militaire, d’une confédération de troufions qui effraient le président Tchadien, un guerrier expérimenté de part son parcours et stratège confirmé d’une grande école de guerre. Dans les faits, le président Tchadien perçoit cette situation comme un harcèlement incommodant et symboliquement comme une humiliation. C’est tout. Il sait que seul le jour où l’armée française et la fraternité franc-maçonne l’abandonneront, il partira.
- La logique incurable de l’ethnisme et le manque de réelle conviction font échouer les innombrables et vaines alliances de façades des politico-militaires qui, servent souvent d’échappatoires à quelques irréductibles revendicateurs de l’unité politique des multitudes des clans armés. Et encore si ces coalitions ne sont pas les résultats des pressions de ceux qui tirent les ficelles derrière les rebelles. En peu de mots, les politico-militaires sont esclaves, volontaires ou non des déterminismes ethniques. Ipso facto, ils ne réaliseront, fort probablement, jamais l’unité politique nécessaire pour porter le changement qu’ils promettent aux Tchadiens. Ces bidasses font la promotion d’un bien qu’ils ne peuvent pas livrer en espérant que nous ne disons rien aux Tchadiens.
- Le nom de famille des troufions Tchadiens, « la résistance nationale», mis en avant par les partisans du « Tchad de guerres fratricides » incarne en réalité une suite chaotique d’aboutissements livrés aux caprices des groupes armés claniques dont les têtes pensantes sont inconnues de la majorité des Tchadiens. Celles qui sont connues le sont en raison des délits qu’ils ont commis avant d’épouser le métier d’entrepreneur « politico-militaro-affairiste ». Actuellement, il n’existe pas un seul groupe armé ayant le droit moral de représenter le peuple Tchadien dans son ensemble. Je doute qu’il soit vrai même à l’échelle réduite des ethnies. C’est la débauche de la langue qui a fait en sorte que la guerre fratricide des politico-militaires soit dépeinte comme une résistance nationale.
- L’opposition armée a des jours sombres devant elle : les nouvelles ne sont pas du tout bonnes. L’Afrique entière, meurtrie par les guerres ethniques et les multiples rébellions et la communauté internationale rejettent tout principe d’usage des armes pour s’emparer du pouvoir. De plus, les Tchadiens, en particuliers, sont davantage conscients de la nécessité de la paix et de la sécurité. Ils ont compris que c’est une boucle folle de violence sans possibilité d’un réel changement et se disent que, tant qu’à stagner ou même régresser, il vaut mieux rétablir la paix et la sécurité. Être un politico-militaire ou un partisan de l’opposition armée n’est pas un métier d'avenir. Les sujets Tchadiens évoluent plus rapidement que prévus et réclament autre chose que la violence.
Appréciée sur le plan moral, politique, de compétence, de rendement, d’efficacité, de conviction et de légitimité, l’opposition armée Tchadienne échoue lamentablement par la faute de ses désordres et contradictions internes, de ses récurrentes approximations dans les opérations militaires et défaites absurdes, du manque d’unité et d’un leader légitime faisant l’unanimité en son sein, de l’absence de rendement ou par un gain trop faible pour justifier les énormes pertes humaines et dégâts matériels.
Aucun de tous ces points, ci-dessus cités, ne se dérobe à la patience d’une analyse approfondie et objective des bandes armées Tchadiennes. Et donc, soyez sans crainte de dire que cette forme d’opposition est d’aucune utilité significative pour l’intérêt supérieur du peuple Tchadien. Il n’y a pas de raisons de penser le contraire. Hormis le déplorable amalgame entre la bravoure et la propension des guerriers Tchadiens à provoquer le chao anarchique en tous lieux, rien n’autorise à espérer que le changement politique au Tchad arrivera sur un bout de canon en provenance de l’Est. C’est à nous de travailler à bien penser, à bien juger au-delà des apparences afin de faire un choix responsable de voie pour régler nos différends. Nous devons mettre notre conduite en accord avec la raison en appuyant une forme d’opposition démocratique qui cause le moins de mal possible.
Dénonçons et condamnons la violence armée au Tchad car notre silence pourrait nous attribuer, un jour, le brevet de souveraine indifférence à la barbarie.
Libérons-nous de l’emprise du monstre de guerre dont la soit du sang humain hurle du fond des ténèbres et l’écho nous parvient sous la forme d’un appel à soutenir la vaine et ruineuse œuvre des seigneurs de guerre Tchadiens.
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