Les villes tombent une à une aux mains des manifestants PDF Imprimer Envoyer

altLes opposants à Mouammar Kadhafi ont pris le contrôle de Zouara, à 120 km à l'ouest de Tripoli, ont dit jeudi des travailleurs égyptiens fuyant la Libye. Ces Egyptiens rencontrés à la frontière tunisienne travaillaient à Zouara. Ils affirment qu'il n'y a plus aucun policier ou militaire et que des "comités populaires" armés contrôlent la ville. Zouara, située au bord de la mer Méditerranée, est la ville la plus importante à l'ouest de la capitale libyenne. Des combats violents auraient également lieu à Zaouiyah, à 50 km de Tripoli.

Depuis mardi, tout l'Est du pays, notamment Benghazi et Tobrouk, en Cyrénaïque, est quant à lui sous le contrôle des opposants. Ces derniers en profitent pour récupérer les armes des casernes. Les partisans de Mouammar Kadhafi tentent néanmoins de reprendre le contrôle de Misrata, la troisième ville de Libye, située à 250 km à l'Est de Tripoli.

Nouvelles défections

Comme ces derniers jours, des diplomates en poste à l'étranger démissionnent ou lâchent le régime. Surtout, les militaires de l'armée régulière continuent de déserter. Mouammar Kadhafi peut néanmoins compter sur sa garde personnelle, sur ses milices et sur ses mercenaires.

Le gouvernement libyen appelle à la délation

Le Comité du peuple pour la sécurité, organisme du gouvernement libyen, a appelé jeudi les opposants à rendre leurs armes et promis de récompenser tout renseignement sur les dirigeants du mouvement de protestation. "Celui qui rend son arme et se repent sera exempté de poursuites judiciaires. Le comité appelle les citoyens à collaborer et à l'informer sur ceux qui ont mené la jeunesse ou l'ont corrompue avec de l'argent, du matériel ou des excitants et des pilules hallucinogènes", dit l'institution dans un communiqué, promettant "une forte récompense". Le communiqué a été lu par un officier à la télévision libyenne.

Bilan : jusqu'à 2.000 morts ? 

L'ambassadeur de France pour les droits de l'Homme, François Zimeray, a avancé jeudi après-midi le chiffre de 2.000 morts depuis le début de la contestation, mardi 15 février.

Un peu plus tôt, le Quai d'Orsay avait fait savoir qu'elle souhaitait l'envoi d'une mission d'enquête des Nations unies sur d'éventuels "crimes contre l'humanité" . Le cas échéant, les autorités françaises sont favorables à la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) contre les dirigeants du régime libyen.

L'exode continue aux frontières, risque de crise humanitaire

Plus de 30.000 Tunisiens et Egyptiens ont fui la Libye depuis lundi pour rentrer chez eux, a indiqué jeudi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui table sur des dizaines de milliers de personnes à assister aux frontières. "On peut s'attendre à d'autres arrivées, de l'ordre de dizaines de milliers de personnes. Cela dépendra de la situation sur place", a-t-il ajouté.

L'évacuation des étrangers continue

Si la plupart des pays européens ont presque terminé de rapatrier leurs ressortissants, il restent de nombreux étrangers, notamment Asiatiques. Selon les chiffres officiels, 60.000 Bangladeshis, 30.000 Philippins, 30.000 Chinois, 23.000 Thaïlandais et 18.000 Indiens sont enregistrés en Libye, principalement comme modestes ouvriers contractuels. Or la plupart de ces gouvernements n'ont pas les moyens de mettre en place des ponts aériens ou maritimes.

Aqmi soutien les manifestants

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a promis de "faire tout son possible pour aider" les insurgés estimant que leur combat est "le combat de tout musulman qui aime Allah et son messager", a indiqué jeudi le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE). L'Aqmi accuse Kadhafi d'avoir recours à des mercenaires?africains pour mater les opposants et d'avoir demandé à des avions de tirer sur les opposants, rapporte le groupe de veille des sites internet utilisés par des mouvements islamistes.

Les journalistes considérés comme des "collaborateurs d'Al-Qaïda"

Le gouvernement libyen considère désormais les journalistes étrangers entrés illégalement sur le territoire comme "des collaborateurs d'Al-Qaïda", a indiqué jeudi le département d'Etat américain. "Lors de réunions avec de hauts responsables du gouvernement libyen, des diplomates américains ont été informés que certains membres de CNN, de la BBC en arabe et d'Al-Arabiya seraient autorisés à entrer dans le pays pour rendre compte de la situation actuelle", indique un communiqué. Ces journalistes risquent "une arrestation immédiate", selon le texte. Seif Al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, a pourtant indiqué que son pays était désormais accessible aux journalistes "du monde entier", dans une déclaration à sa chaîne de télévision Al-Libiya, a rapporté l'agence libyenne Jana.

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