Deux poids deux mesures dans les condamnations de la communauté internationale PDF Imprimer Envoyer

Décidément, ce que l’on dénomme sous le vocable de «communauté internationale» étonne de par ses prises de positions dans les dossiers liés aux élections sur le Noir continent. Dans le même temps qu’elle s’acharne à condamner des chefs d’Etats souvent «nationalistes» qui refusent de courber l’échine devant ses institutions et donc qui revoient les clauses des contrats économiques des entreprises occidentaux au profit des Africains, dans le même temps, cette communauté internationale prend plaisir à fermer les yeux sur des élections hautement condamnables ayant entraîné des centaines de morts avec des dictateurs qui lui baissent les «froques».

Quelques exemples:

Au Togo, d’abord en 2005 puis dernièrement en 2010. Il y a plus de cinq ans donc, les télévisions du monde entier ont montré des militaires s’enfuyant avec des urnes et tirant à balles réelles sur des populations aux mains nues. La répression qui s’en était suivie ressemblait alors à une guerre dans le sens propre du terme. Des hélicos de l’armée mitraillaient depuis le ciel, des populations qui contestaient la victoire de Faure Gnassingbé. Des miliciens du pouvoir RPT tiraient à bout portant sur des contestataires. Des militaires et policiers bouclaient les grandes villes du pays et procédaient à des exécutions sommaires.

Ces atrocités avaient poussé la même «communauté internationale» à «s’émouvoir» et à envoyer sur place des enquêteurs qui ont constaté des fraudes massives perpétrées par les partisans de Faure Gnassingbé et dénombré au moins 800 morts. Quelle résolution a-t-elle prise, cette communauté internationale, à l’encontre du pouvoir? Aucune. Au contraire elle a conforté le pouvoir dans son règne en recevant dans ses instances son dirigeant lors de cérémonies politiques. Ce qui évidement a poussé Faure Gnassingbé à frauder une nouvelle fois les élections de mars 2010. Avec la complaisance évidente des institutions internationales.

Au Burkina, en ce 21è siècle, Blaise Compaoré au pouvoir depuis 1987, s’est fait réélire en novembre dernier avec plus de 80% des voix, un score à la soviet digne des républiques bananières. Et là qu’a dit la «communauté internationale»? Elle n’a fait aucun commentaire.

Au Gabon, c’était dans des conditions douteuses qu’Ali Bongo, qui a succédé à son père après 40 ans de règne, s’est installé au pouvoir avec la complicité de la France et de la communauté internationale.

En Mauritanie, un président légitimement élu, s’est fait déchoir du fauteuil par un militaire qui a pris sa place et s’est définitivement installé au pouvoir lors des élections organisées dans des conditions chaotiques.

En Algérie, Bouteflika s’est succédé à… Bouteflika dans des conditions désastreuses. Et avec l’aval de la communauté internationale.

Au Tchad, le satrape Idriss Déby Itno, n’hésite pas à déverser l’armée dans les rues pour assassiner ses opposants avec l’aide des militaires français installés dans le pays, lorsque ceux-ci contestent la légitimité de son long règne.

Au Congo-Brazza, le dictateur Denis Sassou N’guesso n’a pas hésité un instant à déloger un président élu démocratiquement, Pascal Lissouba, pour asseoir son pouvoir et procéder à des mascarades électorales.

Et les exemples sont nombreux.

Pourquoi alors ces messieurs qui pensent «diriger» le monde, s’acharnent-ils tant sur la Côte-d’Ivoire, alors qu’ils ont laissé faire dans les autres pays ci-dessus énumérés? Il y a donc anguille sous roche.

Peut-on prendre au sérieux l’organisation sous-régionale, la CEDEAO, qui regroupe les pays de l’Afrique de l’ouest qui condamne aujourd’hui Gbagbo et lui demande de restituer le pouvoir à son opposant, lorsqu’elle ferme les yeux sur des abominations commises par certains de ses Chefs d’Etats qui s’incrustent au pouvoir alors qu’ils étaient sanctionnés dans les urnes par leurs peuples? Combien de ceux qui étaient à Abuja le 07 décembre pour fustiger Gbagbo ont été démocratiquement élu?

Que peut-on alors dire de la Commission de l’Union africaine et de l’Union africaine elle-même qui prennent faits et causes pour Ouattara lorsque ses décideurs sont des satrapes qui méprisent autant leurs peuples que les dirigeants ivoiriens? Combien de Présidents africains sont au pouvoir par la volonté de leurs populations?

De la même manière que Laurent Gbagbo est «condamnable», la plupart de nos Chefs d’Etats le sont au même titre.

Je ne veux pas ici me livrer sur le fonds des problèmes liés aux élections en Côte-d’Ivoire, mais condamner cette hypocrisie, cette politique de deux poids deux mesures de ce qu’on appelle «Communauté internationale» qui fait plus de mal que de bien aux Africains. Il faut dès lors comprendre que les institutions africaines, régionales, et cette communauté internationale qui ne pense qu’à ses intérêts, tous ces regroupements donc, font plus de tort au continent. Les suivre, c’est foncer droit dans le mur.

Je vous livre ici une analyse du très sérieux hebdomadaire satirique français, «Le Canard enchaîné» qui prend la juste mesure de la situation en Côte-d’Ivoire et en fait un parallèle avec la duplicité de la «communauté internationale» en Egypte.

Innocent Sossou, Conseiller à la Rédaction www.etiame.com


Côte d’Ivoire et cote d’alerte


Deux présidents. Le premier sans pouvoir, le second sans légitimité. Deux pays en un. Un Sud «loyaliste» et pourtant tenu par le président déclaré battu dans les urnes. Un Nord «rebelle» et néanmoins reconnu comme régulièrement élu.

La situation ferait sourire dans une opérette. Mais la Côte-d’Ivoire hélas, c’est du sérieux. Pas question pour l’instant, d’une finale où les rivaux s’embrassent. Leur contentieux est lourd et ancien.

En 1992, l’un des deux, Alassane Ouattara, Premier ministre du «Président à vie» Houphouët-Boigny, fit jeter en prison (six mois) l’autre, Laurent Gbagbo. Lequel en 2000, approuve une loi raciste qui écarta des candidats à la présidentielle son adversaire Ouattara. Gbagbo l’emporta et s’installa pour dix ans.

Dix ans et une guerre civile plus tard, l’élection tant de fois repoussée et tant attendue est à l’image du pays, confuse et sans issue. Les fraudes ont fleuri dans les deux camps, mais à part égales, ont estimé les observateurs internationaux. Qui ont donc approuvé les chiffres annoncés par la Commission électorale indépendante, gratifiant Ouattara de 54,1% des voix.

Les partisans du sortant-sorti préfèrent, eux, insister sur l’ampleur des bourrages d’urnes au Nord, toujours contrôlé par les rebelles. Une accusation en forme d’aveu d’échec: depuis 2002 – date du putsch manqué venu du Burkina – Gbagbo a fait la paix mais s’est révélé impuissant à unifier le pays. Un fiasco imputable aussi à l’ONU et à la France: ses milliers de casques bleus et de soldats de l’opération Licorne ont stoppé l’extension de la guerre civile, mais aussi figé la partition du pays. Depuis les élections de novembre, la crispation nationaliste et xénophobe, nourrie par les médias d’Etat et par les critiques venus de l’étranger, ont encore accru cette tension. Or si une étincelle ne fait pas tout exploser (Amnesty recense déjà 20 morts), Gbagbo majoritaire dans le Sud, notamment à Abidjan où tout se décide, à les moyens de s’incruster. Une armée divisée mais qui lui reste pour l’instant loyale. Des richesses et des ports pour les embarquer. De prometteuses découvertes de pétrole en mer…

Même si la communauté et les institutions internationales le sanctionnaient, Gbagbo compte sur le soutien chinois et celui de quelques pays pas trop délicats. Sans oublier les entreprises – comme les français Bouygues, Bolloré ou Veolia – qui n’ont pas eu à se plaindre du régime.


Ouattara, qui pour l’heure, refuse de pousser à l’affrontement, est en présidence surveillée. Son plus grand espoir est peut-être qu’un de ces évangélistes chers à Gbagbo ramène à la lumière cette âme égarée.

 

Victoire pharaonique


En Egypte aussi, les dernières élections ont été gratinées. Le parti de l’inamovible Moubarak – 82 ans, dont 30 dans son fauteuil – a raflé quasiment tous les sièges aux législatives: 95% des voix. Mais là, pas d’indignation internationale, de fracas, de rodomontade. Sarko, l’ONU, Obama ont gardé leurs remontrances pour la Côte-d’Ivoire. Pas question de fâcher l’Egypte, leur principal allié au Moyen-Orient, pour si peu: des urnes bourrées jusqu’à la gueule. Des émeutes autour des bureaux de vote. Le fils d’un candidat indépendant tué dans la furie. Une participation riquiqui: 10% selon les opposants – les frères musulmans et le Wafd, libéral et laïque – qui boycottent le second tour tellement l’élection vire à la bouffonnerie. Dimanche 5 décembre, les candidats du PND, le parti de Moubarak, affrontaient… les candidats du PND. «C’est la pire élection du régime Moubarak», a soupiré le syndicat des journalistes égyptiens.

Les attaques de requin en Mer Rouge, c’était pour faire diversion?

I.B. Le Canard enchaîné N° 4702 du 8 décembre 2010

Commentaires (7)add
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Par Ngarmandji , janvier 22, 2011
Bravo au president du mali Ce grand frère de ATT Il n’arrive pas a faire face a une poignee de terroristes et c’est lui qui prend le devant en organisant une conclave pour des opérations militaires en CI D’abords y’ a-t-il des Etats Majors en Afrique ?? Rappelons nous cet imbécile de colonel français qui promettait de foutre la merde la -dedans au Togo Eh bien africains soyons conscients : les nôtres veulent foutre la merde en CI Ils sont pour la plupart de la même école Tel père , tel fils ou mieux tel maître , tel esclave : on nous envoie tuer nos frères ivoiriens Qui vous a dit qu’ il n’existe plus de tirailleurs africains Que du Sénégal le vieux règle d’abords son problème avec les casamançais au lieu d’envoyer ses soldats mourir en Cote d’Ivoire Et l’autre du Burkina ?? Celui -la quand se passaient de grands événements dans son pays il se disait couche au lit endormi ( rappelez –vous le décès de Sankara)mais aujourd’hui il a retrouve des ailes grâce a la francafrique
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Par Ngarmandji , janvier 20, 2011
GOOD LUCK : intervention Militaire en Cote d’ivoire


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Par SEGREG , décembre 18, 2010
Monsieur Le Renard noir, ouvrez les yeux et ne vous laissez pas berner par les mensonges que les puissances impérialistes tentent de nous faire avaler. Dans quel pays d'Afrique "la communauté internationale" a-t-elle hausser le ton sur un cas de parodie électorale? Donnez-nous un seul exemple. Savez vous qu'on est en train de cautionner le maintient en Haïti d'un pouvoir décrié par les Haïtiens?
Ce qui ne peut pas du tout passez inaperçu même à un aveugle c'est la grossièreté et l'ampleur de la fraude organisé par ADO. Si vous cherchez vraiment à connaître la vérité et non pas ce qui répandu à longueur de journée par les médiats occidentaux, vous saurez que d'après les résultats annoncé dans le QG d'ADO on est passé de 70% de participation à 80%. Rien que cela! Comment pouvez-vous, après la lecture du présent article avec tous ces exemples qui ne sont pas exhaustifs continuer à penser qu'en côte d'Ivoire l'ONU, les USA et la France s'acharnent sur Gbagbo par souci de démocratie ? La vérité est que depuis le coup d'Etat manqué de 2002, la coalition France-ONU-USA cherche un moyen de chasser Gbagbo. Et le problème n'est pas que son armée est invincible mais que les jeunes patriotes sont redoutables. Les élections organisées sans le désarmement des rebelles participent de ce complot pour chasser Gbagbo. Le problème est toujours le même aujourd'hui car comme le dit Blé Goudé, il faudra que cette coalition marche sur de milliers de corps pour attaquer et chasser Gbagbo qui est très loin d'être impopulaire (avec 38% au premier tour). Vous écrivez "D'ores et déjà que les didacteurs sachent que les choses ont changé dans le fond et dans leur forme. La communauté internationale n'hésite plus à se prononcer sur le vainqueur des élections sous les tropiques. Gare aux auteurs de parodie d'élections sur le continent!" Cela donne l'impression que vous n'avez pas lu tout l'article parce que vous oubliez qu'au même moment des mascarades électorales se produisent sur le même continent. A la fin je me demande si vous êtes en train de plaisanter et j'espère qu'effectivement vous plaisanter où alors que vous nous avez servi une ironie.
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Par Le Renard noir , décembre 18, 2010
Le problème ivoirien va au-delà de la frontière françafrique. Ne cherchons pas à détourner le vrai débat, celui de reconnaître qu'il y a eu des élections en CI, et que le vainqueur est ADO. Cette victoire est visible et pourrait être perçue même par quelqu'un qui porte des lunettes en bois. D'ores et déjà que les didacteurs sachent que les choses ont changé dans le fond et dans leur forme. La communauté internationale n'hésite plus à se prononcer sur le vainqueur des élections sous les tropiques. Gare aux auteurs de parodie d'élections sur le continent!
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Par calmos , décembre 17, 2010
Savez-vous que des tchadiens, essentiellement nordistes, envoyés en Côte d'Ivoire dans le cadre de l'ONUCI, combattent en ce moment au côté des rebelles de Ouattara? Comme en RCA en 2004, leur mandat est de chasser Gbagbo du pouvoir et d'y installer un valet de l'occident.
Si vraiment cette soi disant communauté internationale se préoccupe de la démocratie, il est bon qu'elle s'occupe un peu du cas Déby qui s'apprête à organiser un hold up électortal en 2011.
Savez-vous que le véritable mobile de l'alliance Déby-Lol, c'est pour empêcher la prise de pouvoir par un sudiste? A chaque élection présidentielle, les nordistes s'entendent ainsi, et Lol en particulier n'en est pas à son premier coup. Quant à Kassiré que quelqu'un avait qualifié à juste titre de "chèvre", il joue toujours la carte de son ventre. D'ailleurs, il n'a ni militants, ni programme politique. Son alliance avec le MPS, en réalité lui permettra d'exister et de conserver sa marmite bien pleine, quand bien même, cela est très nuisible pour l'alternance en ce sens que son soutien appaortera une caution du sud aux mascarades électorales en préparation en ce moment. Il est évident que le moment venu, la "Communauté internationale" se saisira de cette alliance pour valider la réélection annoncée de Déby. C'est le lieu ici d'inviter tous ceux qui sont impliqués dans les organes de gestion de l'élection présidentielle à avoir un sursaut de nationalisme en refusant de cautionner la présidence à vie au Tchad. Sachez chers messieurs qu'on est né une seule fois, après quoi, viendra la mort. Alors pour une fois, il faut oser; changez le cours de l'histoire du Tchad chers messieurs et nous vous en serons reconnaissants éternellement. Courage.
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Par KRA , décembre 16, 2010
D'ailleurs de quel CPI parle-ton ? Ces criminels qui n'ont de travail que grâce à quelques autres criminels africains seulement ? Comme tu le dis mon frère, nos yeux s'ouvrent. Gbagbo a promis qu'après sa mort viendra immédiatement celle de la françafrique donc des intérêts de la France en Afrique
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Par SEGREG , décembre 16, 2010
Les Etats occidentaux ne parlent droits de l'homme et de démocratie que quand les arrange. Dans la débâcle économique actuelle et devant l'irrésistible ascension des pays émergents et de la Chine, les USA et surtout la France essaie maladroitement de conserver leur influence sur ce qui peut encore rester sous leur influence c'est-à-dire l'Afrique. Mais nos yeux s'ouvrent. Ce qui se passe en Côte d'Ivoire mets à nu les politiques impérialistes et néocolonialiste de l'occident. Gbagbo dérange la France, Bbagbo soutenu par les jeunes patriotes résiste et l'on ne recule devant rien pour le pousser dehors. Les institutions internationales (ONU et UE en tête, CEDEAO, UA) ont perdu toute crédibilité. Et quand la CPI est mise à contribution maintenant pour menacer de poursuite les responsables de violences en Côte d'Ivoire, on a envie de lui demander d'aller d'abord arrêter El-Béchir. C'est vraiment ridicule!
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