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Tchad : « Idriss Deby est un mal nécessaire » |
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Enrhumé en ce début du Nouvel An, un ami ayant choisi de servir le sultan d’Amjaress, pensant certainement que le rhinovirus a embrumé mon esprit plutôt qu’infecté mes voies respiratoires, me balance sa trouvaille, après les rituels des vœux puis les causeries : « Idriss Deby est un mal nécessaire ». Une façon à lui de combler les lacunes de ses arguments tout en avouant sa compréhension de l’indignation des Tchadiens.
Prenant en plein visage la charge oppressive de cette phrase maléfique, je me suis dit : non, pas encore en 2012. Je l’ai assez entendue en 2011. Je ne veux pas l’endurer encore cette année.
Après le dernier au revoir, j’ai révisé cette formule et me suis demandé : les personnes qui déclarent qu’Idriss Deby est un mal nécessaire comprennent-elles ce qu’elles disent ? Réalisent-elles la gravité de leur affirmation ?
En observant minutieusement l’outrance " Idriss Deby est un mal nécessaire " on réalise que le Mal est présenté comme une Nécessité. Autrement dit, le Mal est présenté comme un remède essentiel, un constituant absolu des solutions aux problèmes des Tchadiens. Puisque cette phrase sous-entend un mal nécessaire pour faire face aux maux du pays.
L’irrémédiable faiblesse de cette formule, que beaucoup peinent à voir, vient du fait que cette nécessité attribuée au mal ne se tient sur rien sinon une Morale Obscure. Dans un monde de raison, le mal ne saurait être nécessaire en tant que réponse à un problème. S’accommoder au mal par bassesse, faire mal à autrui ou subir une oppression venant d’un tiers ne saurait être un acte nécessaire, surtout pour des êtres éclairés. Il ne peut être que regrettable mais jamais nécessaire.
L’affirmation de la nécessité du Mal est immorale, outrageante et, comme vous pouvez le constater, facilement contestable en raison d’un rapprochement incongru entre le Mal et la notion de Nécessité présente dans cet énoncé empreint d'infériorité morale.
Abstenez-vous donc de faire des déclarations qui vous degradent et insultent tout un peuple. Constatez avec nous que toutes les fonctions organiques de notre société sont déséquilibrées sous Idriss Deby et cherchons ensemble des remèdes sensés et efficaces ou alors taisez-vous.
Bonne année 2012 !
Joe Al Kongarena, librafrique.com
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Alors, je transmets d’une autre adresse courriel l’article à mon oncle. Il l’a certainement lu car hier, nous causons le soir en famille et parlons de politique, problème du Tchad, bref de tout. Je lis les nouvelles des sites de l’opposition et j’en parle avec lui.
Mon oncle voulant nous servir en guise de conclusion la formule « Idriss Deby est un mal nécessaire » est bloqué en plein milieu de sa phrase. Il dit : " Idriss Deby est un " puis le silence, une hésitation et un gêne, semblant réfléchir à quelque chose. Un cas de conscience ? Il ne terminera pas sa phrase, se lève et s’en va à la toilette.
Je me suis retiré pour rire car j’ai étouffé mon rire mais mes larmes coulaient justement de rire au départ de mon oncle. Il devrait en vouloir à la personne qui lui a transmis cet article mais bon…En tout cas, je partage cette anecdote pour encourager les auteurs qui produisent des articles qui instruisent que leurs écrits ne tombent pas totalement à l’eau et qu’ils continuent d'en produisent davantage.