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Tchad ou pays de l’injustice sociale. PDF Imprimer Envoyer

 
Comment parler de développement ou de bonne gouvernance lorsque le clientélisme sévit dans toute l’administration publique et la majorité des institutions privées? Le Tchad tiendra toujours la queue tant que la méritocratie et la compétence ne seront pas privilégiées. En un mot, arrêtons la promotion des médiocres et des improductifs.

Ce qui se passe au Tchad est frustrant et inadmissible. Difficile de rester indéfiniment indifférent. Appelez-les comme vous voulez, le mal tchadien est protéiforme: recrutements sélectifs, exclusions sociales, promotions complaisantes, expropriations, iniquités, monopoles et jouissances des biens publics, impunités, mépris, …Ce sont là les causes d’inégalités sociales patentes dans la société tchadienne et qui gisent les causes de la violence.

Il est (presque) impossible d’obtenir un emploi par le mérite, si l’on a le malheur d’être issu d’une famille pauvre. Ce privilège est réservé aux parents et amis des Ministres, Directeurs Généraux, Colonels, Généraux, Députés, Coordinateurs de projet et Chefs de service. Ainsi toute demande d’emploi (spontanée ou en réponse à une annonce), soumise sans appui, est une perte de temps. Les tests de recrutement, de façade sont organisés  ça et là, alors que le poste est attribué. Les appels d’offres sont publiés alors que le marché est déjà octroyé et le «10% » versé. Des jeunes enfants de  moins de 30 ans sont promus aux grades de colonel, alors que les «autres» ayant 30 ans de loyaux services à leur actif, sont des gardiens de sécurité devant les entreprises. Les bourses d’études sont affichées, alors que les récipiendaires sont déjà à l’étranger. Les emplois se distribuent dans les débits de boissons, autour de la bière ou dans les restaurants, entre amis et parents.


Cette pratique n’est pas l’apanage des entreprises publiques. Elle aussi  présente dans entreprises privées et les institutions sérieuses, apôtres de la bonne gouvernance et de lutte contre la corruption
.  Les responsables de l’administration publique usent de  leurs influences pour  trouver des emplois à leurs proches et parents. L’intérêt collectif n’est guerre leur souci. Nommés  pour se servir et servir.

Dernièrement, le directeur d’une nouvelle institution bancaire a été menacé de mort, pour avoir refusé  de recruter la nièce d’un colonel, incapable d’écrire son nom, obligeant le directeur à se promener avec des gardes de corps dans sa voiture.


Le pouvoir (politique et économique) est confisqué par une minorité, qui s’arrose tous les privilèges au détriment de la masse. Rien ne leur échappe. De postes juteux à celui d’agent de surface, des ressources pétrolières à la vente de charbon. Pratiquement tout fonctionne suivant le système discriminatoire, de l’organisation de concours divers, de l’attribution de bourses en passant par des nominations politiques. Des jeunes diplômés hautement qualifiés, aux potentiels inouïs  sont recalés lors des tests, parce qu’ils ont le malheur d’être issus de familles pauvres, ou de mauvaises ethnies.

Et comme disait l’écrivain Québécois :
« Le pauvre ne décide pas, il décède. Le pauvre ne meurt pas, il crève…»

 

 

 

Mr Nadingar, notre Premier ministre, quelques jours après sa nomination a effectué une descente improvisée dans certains ministères, et ne trouvant personne dans les bureaux, s’empresse de traiter  les Tchadiens de « paresseux». Mon avis : il faut d’abord commencer par recruter des agents productifs. Non des individus motivés uniquement par l’accumulation irrationnelle et morbide de la richesse. Ils vampirisent toutes les ressources de l’État privant du coup les «autres» du minimum vital.

La population est bercée d’illusion. Quelques axes bitumés, des hôpitaux et des écoles en construction ne servent qu’à distraire les citoyens et détourner  leur attention  de leurs enjeux existentiels.


Les élections sont à nos portes et le pauvre, de son vivant, se souviendra des injustices dont il est victime.

Sew De Séwé, librafrique.com

 

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